Partager l'article ! Une journée (presque) parfaite: A mon tour de vous conter une belle histoire. Cela fait bien longtem ...
A mon tour de vous conter une belle histoire.
Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas fait part de mes exploits de chasseurs sous marin.
Premièrement parce que j'attends tjrs l'exploit à proprement parler, et ensuite parce qu'avec la saison des alizés, je prononce plus les mots « kite loop, ride de l'extreme, big aerial over the mangrove, jibe full speed switch stance » que « coulée à 30m, agachon sous la patate, baron et banc de fusiller »
Mais il y a trois jours vers 16h30, à l'occasion d'un petit voulé en bord de plage, entre une bouchée de gigot et une frite de manioc, Etienne (Tergny, ndlr) me lance, le téléphone à l'oreille : « tu veux chasser demain? » avec cette petite lueur au fond de l'oeil qui me promet un plan juteux à prendre ou a laisser.
Parfait, ce sera l'occasion de tester ma nouvelle combi et de renouer avec le grand bleu.
Rendez vous donc à 6h30 à Combani. Ca fait levé 5h30 ca! Ok, un rapide (trop) tchek du matos (j'en oublierai appareil photo et caméra...), un gros plat de pâte et au lit.
Après une traversée de riviere matinale nous retrouvons notre skipper de la journée a 6h32 (dur le reveil).
Geoffrey charge son matos sur le bateau avec Kad, un ami mahorais a lui. Fils d'expatrié, il chasse depuis l'age de 12 ans dans toutes les eaux de l'hemisphere sud et est arrivé sur notre caillou il y a un an « pour la chasse » dit il en sortant 2 poutres d'1m70 armées de 5 sandows chacune en guise de fusil. Ok on part pas avec un clampin!
Le temps d'amener le bateau à l'eau nous fait prendre conscience qu'il aurait mieux fallu aller kiter aujourd'hui. Ca va secouer... Mais à « chasseur motivé, beau poisson assuré » tout du moins c'est ce que l'on se dit en affrontant les creux!
Aujourd'hui on va chasser le gros d'ailleurs. Il faut donc aller à l'iris. Le prolongement de la barriere dans le nord de Mayotte qui s'etend jusqu'à une dizaine de km des cotes.
Premiere surprise sur la route, une mère et son baleineau nous salut de quelques belles cabrioles. Petite pause pour admirer ce spectacle de début de saison baleine. La mère porte son petit pour l'aider a respirer. Un bébé de quelques tonnes qui flotte a la surface de l'eau a 50m de nous, ca vaut bien 5 minutes de chasse en moins... Quelques sauts et coups de pectorals plus tard, nous reprenons notre route. Nous arrivons enfin à l'iris. Mayotte semble tout petit vue de loin. (bon d'accord c'est pas très grand).
Nous essayons de nous caler sur le tombant d'après les carte gps et le sondeur quand un aileron passe a coté de nous. Puis 2, puis 3, puis tout un groupe de dauphon qui joue dans les creux de 2m. Les peponocephales nous font leur cirque. Ces gros dauphins sans bec avec un petit sourire a la joker. Splendide! Mais aujourd'hui nous les voyons plutot d'un oeil de concurrent...
300 metre plus loins la zone semble pas mal : 30 m de fond, courant entrant, eau claire. On jette les bouées, on deroule les 30m de corde (reliés a notre fleche, afin de ne pas se faire embarqué par une eventuelle grose prise). Je commence avec Geoffrey, Etienne reste sur le bateau avec Kad pour la sécu ( il faut suivre le courant, on ne peut pas poser l'ancre). Apres un bon molard anti buée, j'ajuste mon masque et on jette le baron (appat brillant tenu a 15m sous l'eau par un fil de nylon).
C'est partit pour 2 heures a se relayer a coté de ce baron qui fait la nage du ventre pour attirer le gros. Les apnées se succede et rien ne se montre. L'eau est claire, on voit le fond a 20 metre encore plus bas.
L'immensité silencieuse et desertique du grand bleu commence a prendre le dessus quand je voit Geoffrey deja a -15m palmer vigoureusement vers le bas. Son bras se tend, le swoooosh des sandows de sa grosse poutre resonnent jusqu'à mayotte et une tache rouge apparaît 5 metre plus bas. Puis la bete file a toute vitesse et je reconnaîs le seigneur des mers fuyant, une fleche en travers du corps. Je recupere le baron, verifie que Geoffrey remonte bien tranquillement a la surface en me dirigeant vers ces bouées. Je les attrape en faisant un signe au bateau qui ne s'y trompe pas a me voyant faire du ski nautique derriere elles. Le bateau recupere Geoffrey puis va chercher les bouées que j'ai laché pour ne pas me retrouver à 200 metre en 10 secondes... Je reste dans l'eau pendant que la bete est remontée a bord. Espadon voilier d'une 15aine de kilos. 2 metre de long. Il a fallu le couper en trois pour le faire rentrer dans la galciere (deja tres grande pourtant).
On se replace tous et je laisse Etienne prendre le relais dans l'eau. A peine le temps de croquer dans mon sandwitch, Etienne me fait des grand signes dans l'eau. On se rapproche et on detache de la fleche de Geoffrey un beau Merou de 7-8 kg. Puis un thon dent de chien d'une dizaine de kg 10 min ensuite. C'est au tour d'Etienne de ramené un « petit » aprion (bar tropical) de 3 kg le quart d'heure suivant.
J'arrive enfin a finir mon sandwich et Etienne hurle! Il vient de tirer le plus beau poisson de sa modeste carriere. Un thon Dent de chien de 6kg (vidé, pesé!). Il remonte dans le bateau aux anges, m'affirmant que sa virilité venait d'etre decuplée, le sourire béat et le regard illuminé.
Je retourne donc dans l'eau l'arme au point, bien decider a manger moi aussi des sushis! Un premier thon passe … hors de porté. Puis un thazard. L'instant est haut en intensité. Lorsque l'on descend, et que l'on est suffisamment bas pour s'isoler des bruit de la surface, des petit son au loin arrive jusqu'à nos oreilles. Il ne s'agit pas des sirenes (encore que peut etre cela vient de la), mais bel et bien du chant des baleines.(Geoffrey me le confirme alors que je m'inquietais d'avoir pousser un peu loin mes apnées). Je ne cherche meme plus de proie, j'ecoute cette melodie..
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Alors que je m'apprete à descendre, Geoffrey tend son doigt sur me droite. Je tourne la tête... Le seigneur des mer est la! Juste sous la surface. L'espadon s'avance vers moi tranquillement. J'hesite un instant. Mon esprit me hurle de resté detendu. Mon sang boue. Mon coeur s'emballe. Je descend legerement dans sa direction. Il commence a se tourner. Je palme lentement vers lui. Il se presente de coté. Surtout se calmer. Ne pas se precipi.... swoooooooosh! Mes trois sandows envoie toute leur puissance. Ma fleche fuse en direction de la bete.... et s'arrete 50 cm avant elle! Mon doigt s'est emballé. Plus le poisson est gros, plus il a l'air pres, particulierement dans le bleu. Le seigneur des mers termine toujours aussi tranquillement son demi tour, et continue sa route... Je n'ai pas tout compris a ce qui s'est passé, en même tps il paraît que ca fait toujours ça quand on voit le signeur des mers pour le première fois...
Geoffrey me lance un petit « tu as raté une belle occasion la! » qui m'acheve!
Il est 15h, c'est l'heure de prendre le chemin du retour
Les belles couleurs du soleil descendant defile sous nos yeux le temps du retour un peu long (vent et vagues de face). Kad retrouve le sourire, ayant vomit toute la journée durant... Geoffrey s'endort a l'arriere après 6heures à -20m... Et avec Etienne nous revivons chaque instant en sirotant une petite biere fraiche (cellesla au moins, je les ai pas oublié).
Je me console en me disant que sans une photo jamais vous ne m'auriez cru...
Une splendide journée de chasse tout de même. Et c'est la l'essentiel. Le but n'est pas forcement de faire deborder la glacière (nous revenons tout de meme avec près de 40kg), mais plutot de vivre des instants uniques. Et la nature m'en a offert bcp de ces moments uniques aujourd'hui...
C'etait l'histoire d'Etienne le chasseur sensible... qui reve du seigneur des mers depuis 3 jours non stop!
Jt'aurai, jte lpromet! Et j'aurai pensé à l'appareil photo! Gniark!
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